Des citoyens soucieux de la qualité de l’enseignement et du respect des spécificités de chacun sont réunis ce soir. Au-delà de leurs différences, de leur réseau et de leurs origines, ils sont avant tout solidaires face à la détresse de ces trop nombreux enfants aujourd’hui encore sans école ou casés dans une école qui ne leur convient pas. Toutes ces familles attendent depuis bien trop longtemps, et dans une grande solitude, une réponse à leurs appels au secours.
Nous plantons donc symboliquement nos tentes pour rappeler que la crise des inscriptions dure depuis 2 ans. Que les responsables politiques ont cherché à la cacher, au point de considérer les enfants comme des boules de loto. En réalité, à la veille du CEB, les files sont plus longues que jamais. Qu’ils soient déplacés arbitrairement ou, pire, exclus du tirage au sort, tous ces enfants partagent la même angoisse.
La bulle des inscriptions s’est en réalité très peu dégonflée. D’un autre côté, on recense des milliers de places libres dans des écoles dont personne ne semble vouloir : aucun projet n’a été développé pour rendre ces écoles plus attractives. Etonnamment, on feint aussi d’oublier ces centaines d’enfants dont les parents n’ont encore entrepris aucune démarche administrative. Pourquoi ?
La mixité sociale
La loterie a frappé aléatoirement mais nous ne sommes pas tous égaux devant le chaos : ce sont les enfants les plus faibles qui paieront le prix le plus fort, car leurs parents n’ont généralement pas pu développer de « stratégie d’inscription » ! Mais quelle que soit la condition sociale des uns et des autres, nous refusons de réduire le problème à une question de lutte des classes.
Nous réclamons :
- L’application du décret Jamoulle/de Groote et de la possibilité d’échanges, par les soins de la CIRI, entre les différents établissements, qu’il prévoit. Il est urgent d’obtenir ce que nous réclamons depuis le début : l’établissement d’un état des lieux et la demande des préférences des parents.
- Que les responsables politiques comprennent qu’une inscription ne peut se limiter à une démarche administrative. Les parents et le chef d’établissement sont les premiers responsables de cet engagement et doivent le rester.
- La dépolitisation de l’enseignement, qui serait dès lors confié à un comité de sages pluraliste. Le gouvernement ne peut plus être juge et partie et doit donc abandonner sa dimension d’organisateur.
- Le développement de projets spécifiques pour augmenter l’attractivité des écoles actuellement laissées pour compte.
- Le respect du continuum pédagogique et de l’historicité des écoles.
- Nous réclamons une formation plus longue et plus pointue des enseignants.
- Ainsi que la prise en compte des écoles de la périphérie, isolées de tous les réseaux.
Prenons désormais le temps d’analyser ces pistes
car un décret ficelé à la hâte ne peut être que l’ennemi du bien commun.