Articles taggés avec ‘inégalité’

Une larme insignifiante et une réussite sans importance..

Mercredi 7 juillet 2010

Madame la ministre de l’enseignement,

Monsieur le président de la CIRI,

Cet après-midi, alors que j’étais en route pour rejoindre l’école afin d’y rejoindre notre aîné pour la remise de son bulletin et de son CEB, pour la première fois en 6 semaines de cauchemar, j’ai versé une larme. Il ne s’agissait pas d’une larme d’émotion car il termine ses primaires, ni de stress pour un éventuel échec mais bien car il a très bien réussi  sa 6ème primaire et qu’il n’a pas d’école,…

-Vous allez me dire que je suis sensible et que tant de monde souffre sur terre et qu’une larme est insignifiante ;mais je suis dure en comparaison à tant de malheureux parents et enfants qui dans la même situation ont déjà pleuré toutes les larmes de leur corps; ce nombre  est-il insignifiant à vos yeux?

-Vous allez me dire que très bien réussir est sans importance ; avoir 50 % était suffisant car le but est de mettre tout le monde au même niveau. Mais, si tout le monde est au même niveau et alors que mon fils a obtenu son certificat officiel de la communauté française, pourquoi n’a-t-il pas d’école en cette fin juin? Pourquoi a-t-on délibérément considéré qu’habitant une commune à facilité, il était considéré comme venant de l’étranger ? Pourquoi a-t-il dû alors, contrairement aux étrangers, passer et réussir son CEB pour s’inscrire en secondaire?

-3 choix et 3 refus. Hors, comme conseillé et dans l’esprit du décret, nous avons  choisi 3 écoles du même réseau ; 2 écoles non-complètes très proches du domicile et une école complète plus éloignée. L’ordre de préférence a été déterminé par la réunion de parents auquel notre fils a assisté, le fait que notre enfant soit un garçon  et ait un type de  caractère et de compétences.

Vous allez me dire qu’il n’a pas de place dans une  école de nos choix, mais qu’il reste plein de places disponibles en  communauté française. J’ai regardé le listing offert par la CIRI. Compte-tenu du fait que notre volonté est d’ allier une proximité raisonnable ,un réseau scolaire identique à l’ école primaire et une école qui tient compte des compétences de notre enfant, j’ ai pu constater que les seules places libres sont situées dans deux écoles d’ enseignement technique ;ce qui pour nous à l’ heure actuelle et selon l’ avis de son école  n’ est pas souhaitable. D’autres écoles d’enseignement général du même réseau sont situées au-delà du périmètre dans lequel se situent nos trois choix.

Le décret souhaitait abolir une discrimination : certains enfants n’accédaient pas à l’école de leur choix .Il y a encore à ce jour 600 enfants qui n’ont pas le droit d’aller dans une des écoles de leur choix. On n’instaure pas  une solidarité en générant une inégalité.

Notre équilibre familial et professionnel est rompu. Un épuisement psychique et physique nous empêche d’encadrer harmonieusement nos quatre enfants ; nos familles et amis ne supportent plus de voir tant d’incompréhension et les conséquences de ce décret sur notre famille. Notre fils est très malheureux. Il a réussi son année et n’a pas d’école ; il s’est projeté dans son premier choix d’école et son projet est pour le moment au point mort. Demain, il y a la fête de fin de 6ème. Le cœur n’y est pas…Comment se fait-il qu’après 3 décrets, un enfant puisse encore se retrouver fin juin sans école ?

Sommes-nous des parents si indignes pour avoir appris à nos enfants l’importance du respect, de la solidarité, de l’organisation, du travail accompli, du souci de toujours travailler en fonction de ses capacités ? Notre fils est-il coupable d’avoir des parents universitaires, au service de l’autre qui habitent une commune à facilité dans un quartier à index socioéconomique élevé ?
Vouloir abolir les inégalités et les discriminations, est-ce détruire d’autres  familles et  adolescents ? N’est-ce pas tout simplement à nouveau déplacer les problèmes ?

Il reste des enfants sans école .Ne pensez-vous pas que, face à cette nouvelle discrimination, il y a lieu de réfléchir à une solution valable pour tous ?
Votre absence de réponse à nos courriers génère une incompréhension croissante et un manque d’humanité auquel jusqu’à présent nous refusons de répondre par une escalade verbale et mensongère.
Pouvez-vous nous garantir que tout enfant aura le plus rapidement possible accès à une école qui lui convient ?

Valérie Squifflet-Vandresse





 
 
ELEVeS.be est fièrement propulsé par WordPress | Articles (RSS) et Commentaires (RSS).
  • Protection de la vie prîvée
  • ASBL Eleves - Rue Artan, 3 - 1030 Bruxelles - Numéro d’entreprise : 0893 009 021 (Statuts)| Website : Arnaud Collette et Bruno D'Alimonte