27 mai 2010 : Le courrier tant attendu arrive enfin. Laissant tomber tout ce que j’avais en main pour l’ouvrir, je parcours rapidement les premières lignes et découvre avec consternation le redouté : « J’ai le regret de vous informer que … » signifiant le refus d’inscription et déclenchant chez Antoine une interrogation, naïve et enfantine peut-être, mais signifiante quant aux dégâts et aux frustrations engendrés : « Pourquoi Monsieur le Directeur ne veut pas de moi ? J’ai toujours beaucoup et très bien travaillé pourtant… ? »
Que répondre ?
En effet, Antoine, tu as fourni depuis 6 ans un sérieux travail, tu as acquis pas mal de connaissances en sacrifiant souvent tes jeux et ton insouciance. Toutes ces années, tu t’es donné corps et âme pour être excellent en tout dans une école exigeante. Tu as appris le sens de l’effort, tu as assimilé le respect de la différence des autres et le partage.
Ta récompense dans notre société actuelle ? La mise à l’écart, purement et simplement.
Que répondre ?
Que ces 3 décrets aussi irresponsables qu’expérimentaux, non seulement ne donnent pas la chance à chacun mais ferment même l’accès à la chance pour tous ? Que ces 3 décrets écrasent les fourmis laborieuses pour installer les cigales ? Que tous ces décrets sont faits au nom de la mixité sociale… . Je sais, Antoine, je sais, dans ton école primaire se côtoient tous les milieux sociaux, toutes les cultures, jusqu’à atteindre, ¾ de « défavorisés » dans ta classe …. Et ils travaillent tous beaucoup. Dans tous les milieux sociaux, on trouve des parents attentifs et responsables ainsi que d’autres indifférents ou inconscients !
Ton école, située dans le quartier des Marolles, fait partie des écoles socialement défavorisées prioritaires pour l’inscription dans le secondaire … juste récompense pour l’équipe pédagogique qui a maintenu un niveau d’excellence avec une telle mixité sociale…
Superbe récompense que le sourire du Directeur du Collège de ton choix, à l’annonce de l’inscription en secondaire de ce « précieux prioritaire » que tu représentes.
Sauf qu’en date du vendredi 23 avril, juste avant l’ouverture des inscriptions du 26, nous apprenons que ton école primaire n’a pas de priorité et n’existe plus dans une liste aussi récente qu’invisible et inaccessible aux parents. Cette liste apparaîtra juste après la période d’inscriptions… .
Je réfléchis et m’aperçois qu’Antoine attend une réponse. Il continue : « Si je ne vais pas au Collège, je vais où alors, l’année prochaine ?
Comment lui dire que, convaincus de « sa priorité » ISEF pour avoir consulté maintes fois les listes disponibles sur le site officiel de la Communauté Française, ayant suivi les instructions et filières proposées, ayant visité différents établissements depuis septembre 2009, nous avons arrêté notre seul et unique choix sur l’école qui l’avait séduit à la journée portes ouvertes. A nos yeux, après un long entretien avec le directeur en janvier, l’établissement proposait des projets éducatifs et pédagogiques correspondant le mieux à sa personnalité et à la continuité de la formation qu’il avait reçue en primaire.
Pour l’administration notre dossier est clair:
Notre école primaire d’origine n’est plus ISEF et nous avions choisi un école exigeante située à 20 km de la maison, mais à 4 minutes de notre lieu de travail ?
Insupportable!